Écrits: Livres et chapitres de livres

Claude Mailloux, Présence nue, L’accompagnement des personnes souffrantes, Novalis, 2017

Claude Mailoux Livre Présencenue 2017.jp

En interpellant le lecteur avec ce titre provocateur, Claude Mailloux révèle ce que plusieurs années d’accompagnement auprès de centaines de patients lui ont permis de comprendre : lorsque l’expérience extrême de la souffrance détruit tous nos repères, une simple présence bienveillante et dénuée de jugement peut être la boussole qui nous permet de réapprendre à faire confiance à la vie. À travers un exposé incluant une lecture anthropologique du récit de la Genèse et cinq cas cliniques types, l’auteur livre les secrets de cette présence nue. Son regard neuf sur une profession qui est maintenant bien ancrée dans le milieu hospitalier est un jalon important pour l’établissement d’une pratique éclairée et éclairante des soins spirituels.

 

« Il vient un moment dans une vie où l’on sent qu’on a quelque chose à partager, à offrir aux autres. Après avoir rencontré tant de gens et échangé avec eux, après avoir profondément réfléchi sur le travail que je fais, j’ai réalisé que je pouvais me permettre d’écrire sur le sujet », explique Claude.  « J’aimerais que les lecteurs découvrent à travers mon livre une autre dimension des êtres humains. Lorsque je passe un moment avec des gens, je les accepte tels qu’ils se présentent. Je m’efforce de ressentir les émotions qu’ils ressentent, d’entendre les mots qu’ils prononcent et de les laisser s’approprier leur douleur, leur détresse. Ça leur appartient. »
Au fil du processus d’écriture, Claude s’est senti, à l’image du titre de son livre, quelque peu nu et vulnérable. Ses croyances, ainsi qu’une large part de son expérience à accompagner ceux qui souffrent de la maladie, y sont exposées. Il s’y sentait prêt cependant, et espère que son vécu pourra servir à d’autres dans ce domaine en perpétuelle évolution.
« Je crois qu’une des choses les plus importantes que j’ai apprises au fil des ans est de laisser la compassion se développer naturellement. Ne la forcez pas, car elle ne peut être forcée. Je me laisse être touché émotionnellement par les patients, et cela me permet d’être à leur niveau, de comprendre une partie de leur souffrance, et je ne dis jamais que je les comprends. J’attends qu’eux me disent qu’ils sentent que je suis en lien avec eux et que je les comprends. »

Article «Au coeur de la souffrance» au CUSM, 2017

Claude Mailloux CUSM

«Ce sont toutes ces expériences, ces conversations et ces liens qui ont mené Claude à prendre une année sabbatique l’an dernier afin de s’asseoir et de recueillir ses pensées dans un livre (...) Être admis à l’hôpital et devenir un patient peut souvent concorder avec un moment difficile dans la vie d’une personne. Ces passages peuvent provoquer des questionnements tels que : « Pourquoi moi? » « Pourquoi maintenant? » ou « Qui suis-je, et qui vais-je devenir après cette étape? » Les réponses à ces questions ne se trouvent pas dans les livres ni dans les manuels d’instruction, et les professionnels en soins spirituels du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) travaillent à accompagner les patients pour les aider à trouver leurs réponses en eux-mêmes.

Claude Mailloux est intervenant en soins spirituels depuis plus de 20 ans, dont dix au CUSM, et il saisit très bien l’importance d’offrir ce service aux patients.

« Les services de soins spirituels sont essentiels pour une raison très simple. Lorsqu’on devient un patient ou qu’un membre de notre famille est hospitalisé, on entre dans un système de diagnostics et d’examens. » LIRE LA SUITE

Franchir le miroir patriarcal pour une théologie des genres

Genre et altérité: enjeux sociaux, psychiques et religieux, dans Monique Dumais (dir.) Franchir le miroir patriarcal, Pour une théologie des genres. Fides, Coll. Héritage et projet, 2007

Le titre est un clin d'œil aux aventures d'Alice au pays des merveilles. Le pari de la vingtaine de théologiens et théologiennes qui ont contribué à cet ouvrage est de franchir le miroir patriarcal pour accéder à une autre façon de faire de la théologie. L'ouvrage est tout entier construit autour de la notion de genre. Jusqu'à aujourd'hui, c'est le genre masculin qui a défini la réflexion théologique. Qu'advient-il quand on prend vraiment en compte le genre féminin? C'est la question qui sous-tend cet ouvrage.
«Le concept de genre, écrit Denise Couture, signifie que les savoirs sont situés, que la position de sexe/genre, femme ou homme, importe pour l'énonciation. Il met en question le savoir universel. La première chose que l'approche du genre, l'approche féministe, ou celle des masculinités, nous a fait désapprendre, est, précisément, l'idée d'une position et d'un savoir neutres. Dans le domaine du discours universitaire, voilà une révolution.».

L'enjeu n'est pas que théorique, il est éminemment pratique. Il s'agit comme le note Pierrette Daviau, «de nous éduquer mutuellement sur la différence de l'autre et sur nos interrelations dans des situations de pouvoir, d'influence, d'oppression.»

Claude Mailloux (dir.), Le couple, lieu de croissance, Médiaspaul, Coll. Croissance humaine et spirituelle, 2003

Le couple lieu de croissance_Claude Mailloux

«La relation fructueuse entre un homme et une femme est celle qui permet de reconnaître, dans cette relation [...] les impasses et d'en sortir constamment dans la reconnaissance réciproque d'un couple ordonné par, dans et à l'unité de la vie. [...] Vivre avec, c'est naître, guérir et ressusciter. Il n'y a pas un état qui serait "normal" pour le couple.» (D. Vasse, La vie et les vivants, Paris, Seuil, 2001, p. 122) Ces quelques mots de Denis Vasse résument à la fois le désir de celles et ceux qui veulent vivre à deux, et l'impasse toujours présente dans le couple. Au moment même où l'on aspire intensément à une vie de couple harmonieuse, à une relation qui, comme le ferment, fasse lever toute la pâte, les statistiques sociales montrent que de plus en plus de couples n'arrivent pas à vivre leur relation dans un minimum d'harmonie et de bonheur. Ils s'enlisent, au contraire, dans des impasses relationnelles. Dans ces voies sans issues, la vie de couple devient une contrainte supplémentaire pour l'un ou l'autre des partenaires, sinon pour les deux en même temps, qui les enferme dans les stigmates du passé hérités de l'enfance, dans la projection idéale ou dans le rêve, nécessairement démenti par la réalité. Plutôt que d'être stimulée, la vie commune et individuelle des partenaires s'en trouve étouffée.
Ainsi se pose la problématique du couple, porteur d'une incontournable invitation à la croissance. À partir d'une réflexion sur la figure biblique originelle du couple fondateur de l'humanité, ce collectif poursuit son itinéraire en explorant les questions du choix amoureux, de l'impact de la Valeur fondamentale dans la recherche d'une issue à l'impasse relationnelle, des étapes qui balisent la croissance du couple et, finalement, du passage de la nécessaire dimension du rêve - qui favorise la naissance du couple - à l'inévitable réalité dans laquelle les couples doivent pourtant s'inscrire. Ce parcours d'anthropologie spirituelle se risque à pointer des avenues de croissance là où le couple menace de s'enfoncer dans un malheur à deux.

Une spiritualite en crise_Claude Mailloux

Spiritualités en mal d'intégration…, dans Léandre Boisvert (dir.) Spiritualités en crise, De l'éclatement à l'intégration, Médiaspaul, Coll. Croissance humaine et spirituelle, 2002

Des spiritualités en crise sont peut-être des spiritualités qui n’osent plus risquer l’engagement jusqu’au bout de soi en faveur de l’amour de la Vie. Elles se contentent peut-être de s’accommoder aux situations et aux circonstances en faisant valoir que l’on doit préserver sa vie parce qu’on peut la perdre, au lieu de risquer sa vie par amour de soi, des autres, des choses et de la Vie ou de Dieu. Comme l’amour n’est jamais la représentation que l’on s’en donne, seules des traces témoignent du réel de cet amour quand il transforme la personne. Souhaitons-nous donc de trouver cette détermination à ne jamais nous arrêter à chercher à aimer pour vrai avant que l’Amour ne nous prenne en lui. Cette détermination sera source, à n’en pas douter, de l’héroïsme de certains choix qui peuvent se présenter au long du chemin. Entendre l’appel de la Vie dans sa forme négative, les effets de mort et la souffrance, et y répondre convie à l’héroïsme de la foi qui préfère se confier aux traces de Vie qui se manifestent en cours de route plutôt qu’à donner tout le crédit à ses productions imaginaires. Sans un engagement radical de toute la personne, la spiritualité ne peut servir qu’à se réassurer que tout va bien dans sa vie alors même qu’on est en train de rater le bateau.

Audios-radio

Radio Ville Marie Estrie

Radio-Ville Marie Estrie: Émission Anthropologie et spiritualité animée par Claude Mailloux et Micheline Gagnon

Rediffusion de 5 communications du Colloque Anthropologie et spiritualité tenu à l’Université de Sherbrooke en octobre 2004. Divers Spécialistes traiteront de problématiques en lien avec la quête spirituelle avec la vie courante, émissions diffusées en 2005. Avec l'aimable accord de Radio-Ville-Marie Estrie, nous les en remercions.

1-Voix, visage, violence, surdité et absurdité. La parole 1Denis Vasse & Marie-José D'Orazio Clermont
00:00 / 52:57
2-Voix, visage, violence, surdité et absurdité. La parole 2Denis Vasse psychanalyste, jésuite
00:00 / 54:40
3-Le Jardin Couvert, le sel de la vie. Parents-enfants autistesDenis Vasse psychanalyste, jésuite
00:00 / 56:27
4-Le transfertMarie-José D'Orazio Clermont, psychanalyste
00:00 / 55:52
5-L’écoute anthropologique en counseling pastoralClaude Mailloux, théologien et Denis Vasse, psychanalyste et jésuite
00:00 / 55:52

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